Lundi 17 mai 2010 ED WOOD JR
Duo math lillois, Ed Wood Jr livre avec ce Ruban de Möbius son premier véritable album, brut et inspiré, et y confirme les promesses nées du EP précédent. Olivier Desmulliez (Guitar / Samples / Loops / MicroKorg), et Thibault Doutriaux (Drums / Lights) tranchent en effet dans le vif d'un math-rock/noise ardent, aux humeurs changeantes (Montagnes en russe, premier titre équilibré entre plages apaisées et élans colériques, doté de guitares aussi finement jouées que puissantes, et d'une batterie dans le même registre), puis usent de voix samplées judicieusement choisies (20 pounds).

Les alternances, dans le rythme com! me dans les climats liés à ces neuf morceaux probants, sont de mise et contribuent à la tenue de ce premier long jet, dont on appréciera donc autant la "douceur" dominante mais non exempte de montées plus braillées et déchirées (Infini), que le côté saccadé (Marcel et son atmosphère prenante façon Microfilm), et ces embardées guitare-batterie, gros atout des Nordistes, qui atteignent leur apogée sur un morceau tel que Tap. Doté de plus d'un "vrai" chant, hurlé et remonté, celui-ci assure une première moitié d'album solide, dont on se doute d'ores et déjà qu'elle inaugure une suite aussi aboutie.
Kung fu chien confirme mes dires, avec cette fois un chant plus posé, mais pas moins attrayant, étayant ces poussées de rage magnifiquement tempérés par des retours, justes et bien en place, à des moments faisant plutôt dans la retenue. Ed Wood Jr se montrant impérial, à l'identique, sur les morceaux presqu'intégralement instrumentaux comme Art brut, dont on se réjouit d'ailleurs qu'ils se voient ici agrémentées de parties chantées. L'intérêt porté à l'album en présence n'en est que plus grand, et même Zemzan, qui dépasse les cinq minutes et livre un tempo souvent vif, orné de six-cordes massives mais sachant s'alléger lorsqu'il le faut et au gré des humeurs du groupe, retient l'attention sans q! ue ne survienne l'envie de décrocher.
Enfin, c'est une pièce expérimentale très courte, -, qui clôt les débats de façon intrigante, à la limite du dispensable mais sans altérer le moins du monde la qualité de ce disque réussi, et qui honore son duo créateur de même qu'un label, Swarm Records, hautement recommandé.








